Repères: prêt pour le monde d’après?

Repères: prêt pour le monde d’après?

direction postmoderne

Management et projet de vie : Ça chauffe !

Nous avons souvent du mal a accepté que l’on est tributaire du climat dans lequel nous vivons. A l’évidence pourtant, le changement climatique ne concerne pas que la météo mais vient aussi influencer nos vies et nos esprits. Dans son souci de nous éclairer sur tout, la modernité et son fameux siècle des Lumières, nous avait promis le progrès, les certitudes et un contrat social pour réussir dans la vie. Force est de constater que les Lumières se mettent aujourd’hui à clignoter (au rouge) et une postmodernité semble s’ouvrir devant nous. Echaudé par quelques belles promesses non tenues pendant la modernité, chacun de nous se donnera comme mission pendant cette postmodernité non plus de réussir dans la vie mais plus modestement de réussir sa vie. Ce changement de cap aura une conséquence majeure pour la vie économique : Les problématiques de management dans les entreprises, organisations ou encore associations vont devenir le réceptacle (voir la déchetterie) des tendances de fond d’un paradigme socio-économique en pleine mutation.

Le manager de demain : un leader pour une raison devenue imaginative ?

Pour rebondir sur cette porosité postmoderne entre société, entreprises et projet de vie, le leader de manager directiondemain se dotera d’une analyse, d’un raisonnement et d’un enthousiasme pour réconcilier les tendances de fond irrémédiable, inéluctable mais incertaines dans leur impact économique. Cette nouvelle posture managériale passera par une vraie exigence pour faire coïncider un modèle de société résonnant enfin avec le réel de cette société pour en finir avec les décalages insupportables entre ce qui se dit et ce qui se vit. Dans une telle période de transition, le rôle d’un leader est de se doter d’une raison imaginative capable de dépasser et transcender les limites et les impasses rencontrées. Chacun le constate au quotidien : Le monde et son management devient turbulent, plus effervescent et plus violent. Ni les entreprises, ni leurs forces vives n’échappent à cette turbulence, à cette effervescence et à cette violence. Le passage au monde d’après émerge irréversiblement et irrésistiblement sous nos yeux et bouscule le paradigme d’hier. Visibilité réduite, hésitations, déstabilisation, démobilisation et saturation : tel est le lot commun des gens au quotidien. Alors comment, dans ce contexte, réussir sa vie quand même ? C’est ce que nous allons tenter de décrypter pour transformer nos incertitudes une sorte de quiétude.

Trois convictions à propos du monde d’après et de son management

Conviction 1 : la conduite de nos vies ne doit pas se soumettre aux contextes ou aux conjonctures, mais elle doit se caler sur des registres nouveaux qui lui donneront pertinence, cohérence et consistance.

Conviction 2 l’engagement des humains dans la vie est affaire d’époque et de circonstance. En 2015, on ne s’investit pas pour les mêmes raisons et dans les mêmes circonstances qu’il y a quelques années. Comprendre et utiliser les leviers actuels de motivation est crucial pour mettre en place un vivre-ensemble porteur de sens.

Conviction 3 : Pour le monde d’après, chacun doit devenir une force d’interposition entre des contextes toujours plus complexes et des états d’esprit toujours plus déroutés et ébranlés par ces contextes.

Management et projet de vie : Le passage du monde d’avant au monde d’après en 6 passerellesPasserelle

1ère passerelle : le passage progressif de la raison à la passion. Le monde d’avant voulait tout expliquer, tout rationaliser, tout standardiser, tout homogénéiser : les comportements, les techniques, les processus. Mais, dorénavant, la raison arrive à saturation et la passion pointe le bout de son nez ! Le tout raisonnable ennuie ou agace. La demande de passion est à la hausse. Aujourd’hui, on est plus« fan de », que «  froidement pour » ou « froidement contre »…On a « plus envie de » que « besoin de »…On préfère « avoir le sentiment que », plutôt que « d’avoir l’argument pour».

2ème passerelle : le passage de la durée à l’intensité : le monde d’avant comptait durer ; le futur et l’avenir y étaient synonymes de progrès et d’espoir. Dorénavant, ce qui compte le plus, c’est l’intensité de ce que je vis ici et maintenant. Ce rapport différent au temps est lié au sentiment naissant que le futur et l’avenir ne sont plus forcément synonymes de jours meilleurs. Le futur et l’avenir sont même parfois synonymes de précarité et d’incertitude. C’est cette sensation de « potentielle précarité » qui donne envie aux gens de vivre le moment présent avec intensité sans tout miser sur des lendemains très incertains. Comment vivre sans préparer l’avenir ? Miser sur la durée et miser sur l’intensité requièrent des leviers tout à fait différents, voire opposés, et cette rupture du temps est parfois très déroutante pour les modernes que nous étions ! Et pourtant, cette envie d’intensité qui est en train de monter, devrait, si on arrive à la renifler, faire naître de nouveaux leviers de vie pour le monde d’après

3ème passerelle : un passage des injonctions aux interactions : Dans le monde d’avant, les relations étaient hiérarchiques, construites sur des injonctions, base de toutes les relations. Aujourd’hui, cette logique d’injonctions devient stérile. Dans le monde d’après, les relations hiérarchiques sont déjà souvent remplacées par des fonctionnements en réseaux, construites sur des interactions réelles qui transforment « le contrat social » (relation très mécanique entre un “maître” et un “esclave”) en « pacte sociétal » (relation beaucoup plus biologique entre personnes).

4ème passerelle : le passage de la notion d’ « enjeu » à la notion de « jeu ». Dans le monde d’avant, tout était une question d’enjeu. Il y avait les enjeux commerciaux, les enjeux stratégiques, les enjeux professionnels, les enjeux personnels. Ces enjeux répétés et multiples, tous flanqués du culte de la performance, ont fini par émousser et lasser même les plus dévoués. En réaction, la notion de « jeu » pointe le bout de son nez. Malgré la crise ou à cause de la crise, l’individu n’a jamais autant joué aux jeux de hasard et jamais autant parié sur des sujets divers et variés. La France et les salariés sont en crise, mais la France et les salariés s’amusent, jouent et parient. Le jeu est-il un nouveau levier de motivation de vie pour le monde d’après ?

5éme passerelle : passage de la dispersion à la focalisation : Dans le monde d’avant, tout était urgent et prioritaire et induisait une dispersion en énergie et en ressources vitales. Pour conserver notre santé physique et mentale, nous avions appris à nous protéger et surtout à nous retrancher dans ce qui était vraiment important pour nous. Est-il possible de faire de ce repli, de ce relativisme ou de ce lâcher-prise, un levier de vie pour le monde d’après ?

6ème et dernière passerelle : la transformation de l’individu en personne : Dans le monde d’avant, on aimait modéliser les gens pour les classer par types ou profils très rationnellement, très mécaniquement. Mais un homme n’est pas que « rationnel », il a même tendance à l’être de moins en moins, saturé de raison qu’il est. Dans le monde d’après, nous ne serons plus cet individu homogène aux réactions stéréotypées et parfaitement prévisibles. Aujourd’hui déjà, nous sommes devenus singulier-pluriel et portons différents masques qui induisent des réactions et des comportements très différents, voire contradictoires, en fonction des situations et des circonstances. Nous avions plutôt appris à vivre avec des individus très rationnels qui mettaient des barrières très étanches entre leurs différentes vies, mais nous sommes de plus en plus confrontés à des personnes plus insaisissables et plus imprévisibles car vivant plusieurs vies intriquées à la fois.

levier de motivation 6 leviers de management pour changer la vie et passer définitivement dans le monde d’après

Un 1er levier : la RECONCILIATION : La Réconciliation fait converger la vocation intime et la mission sociale en permettant à chacun de retrouver une cohérence, une légitimité et une noblesse dans son action. La Réconciliation au fond permet de concevoir la vie, non pas comme une existence à porter, mais comme une œuvre à accomplir.

Un 2ème levier ; la LUDIFICATION : La ludification est l’art d’insuffler du jeu et du ludique dans la vie. La lourdeur et l’inefficacité du quotidien décourage et accable. Ai-je la capacité de me libérer de mes enjeux et de les transformer en jeu ? Ma qualité de vie dans le monde d’après en dépend !

Un 3ème levier : l’INITIATION : L’initiation, c’est l’apprentissage permanent. A l’ère moderne, l’intelligence était surtout quantitative. Mais l’intelligence qualitative est en train de remplacer l’intelligence quantitative. Le monde d’avant nous imposait un défi quantitatif. Le monde d’après nous impose un défi qualitatif et nous y sommes particulièrement mal préparés.

Un 4ème levier : la CONCENTRATION. La concentration se focalise sur ce qui est utile. Si l’on veut se concentrer sur ce qui est utile, en évitant le contre-sens où la contre-productivité.

Demandons-nous toujours avant d’agir si nous sommes :

  • dans un temps accéléré, c’est à dire un temps dans lequel nous avons de la visibilité et un cap parfaitement fixé. Dans ce cas, concentrons-nous sur l’accélération des rythmes et des cadences.
  • dans un temps saturé, c’est-à-dire un temps dans lequel nous avons trop de choses à faire en même temps. Dans ce cas, concentrons-nous sur les choix à faire.
  • Dans un temps compressé, c’est-à-dire un temps dans lequel nous n’avons plus de passé et pas encore d’avenir. Dans ce cas, concentrons-nous sur la définition d’un nouveau cap, d’une nouvelle destination et d’un nouveau chemin. 

Un 5ème levier : la SINGULARISATION. La singularisation fait passer de l’individu à la personneL’ère des humains robotisés et standardisés est révolue. L’avenir est au sur-mesure, voire même, à la haute couture. Nous devons apprendre à préférer l’engagement à l’obéissance. La liberté de création, d’expression et d’action est possible à condition d’accepter son corollaire : la responsabilité. Etre responsable, c’est avoir la liberté de faire des choix et ensuite d’assumer ses choix. Il n’y a pas de responsabilité sans liberté et il n’y a pas de liberté sans responsabilité. La liberté sans responsabilité mène à l’irresponsabilité, et la responsabilité sans liberté se mue en harcèlement ! Fais ce qu’il te plaît, mais engage- toi, voilà comment on pourrait résumer la force du couple « liberté-responsabilité » !

Un 6ème levier : la SACRALISATION. La sacralisation permet de définir puis de protéger ce qui est essentiel et vital pour sa tribu ! Le monde d’avant était caractérisé par l’abondance et le no limit, le monde d’après nous donnera l’occasion de nous recentrer sur ce qui est essentiel et vital pour nous, avec à la clé de vrais arbitrages et de vrais choix de vie à faire. Au revoir l’Abondance, bonjour la Frugalité, voilà un des changements majeurs à venir ! Dans le monde d’avant toutes les ressources étaient facilement accessibles. Dans le monde d’après toutes les ressources seront comptées! Tout le monde devra donc augmenter son niveau d’autonomie (dans tous les sens du terme) et apprendre à faire mieux avec beaucoup moins.

Le Facteur H : Ce messager capable de manager la transition entre 2 paradigmesFacteur H MPM

Le monde d’après ne sera ni mieux ni moins bien que celui d’avant il sera juste différent ! C’est cette différence qui doit faire notre différence. A nous donc d’inventer des langages pour réapprendre à vivre avec son temps. Commençons ici et maintenant sans perdre de temps pour devenir ce messager Humain qui assure la transition entre deux paradigmes !