FacteurH.com : Le management peut-il faire fusionner des technologies et des énergies ?

FacteurH.com : Le management peut-il faire fusionner des technologies et des énergies ?

Facteur H vs Facteur T : La dialectique du XXIème sicècle en management ?

digital-wallpaper-5Dans la société comme dans les entreprises, notre époque se caractérise par une dialectique entre le facteur Humain (Facteur H) et le facteur technologique (Facteur T). Avec les nouvelles technologies (numérique oblige), le Facteur T devient progressivement le maitre de la situation alors que le Facteur H en est l’esclave. Mais attention : la technologie devenue maître du monde, a besoin, pour se perpétuer, que ses esclaves humains lui restent parfaitement fidèles, ce qui remet lesdits esclaves en position de force pour imposer, aux technologies, leur façon de concevoir leurs relations à elles. Reprendre la main, c’est tout l’enjeu du XXIème siècle pour le facteur H. A notre époque, le grand public est un moteur essentiel d’innovation. L’esprit numérique détermine en effet de nouvelles formes d’organisations techniques et sociales et oblige à faire coïncider la progression de la technique avec une part de sensibilité comme l’art de vivre, la beauté, le plaisir, l’esthétique. Cette fusion entre technique et esthétique explique en grande partie le passage du modèle top down Black Berry au modèle bottom up iphone. Au-delà de cette enthousiasmante remarque, il y a un gros hic à notre « époque.com ». En effet, contrairement à la révolution agricole du 13ème siècle, de la révolution marchande du 16ème et de la révolution industrielle du 19ème, la révolution numérique de la fin du 20ème siècle n’a induit aucune hausse des pouvoirs d’achat dans les pays concernés, ni engendré d’emplois. C’est même l’inverse qui se produit ! Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le lien est donc rompu entre saut technologique et saut économique…Alors en attendant la prochaine génération de robots et ses effets sur l’économie, reste une question : le numérique est-il globalement positif à notre bien-être ?

Management, Facteur H et Facteur T  : Qui sera au service de quoi ?

Pour commencer à répondre à cette question, commençons par être ni pessimiste ni optimiste en disant que le monde d’après ne sera ni mieux ni moins bien que celui d’avant. Il sera juste différent ! C’est cette différence qui doit nous guider aujourd’hui dans nos choix de vie personnelle et professionnelle. A nous donc, à travers nos choix, d’inventer des langages et des vecteurs pour réapprendre à vivre avec notre temps. Pour commencer, ici et maintenant, sans perdre de temps à devenir ce Facteur H dont le monde de demain a besoin pour assurer sa transition entre deux paradigmes, admettons objectivement sans nostalgie ni utopie que notre époque a fait le plein en nouvelles technologies mais n’a pas encore trouvé la recette pour en profiter pleinement. En effet, la puissance et la rapidité de ces fameuses technologies expliquent que pour la première fois de son histoire, l’homme est devenu le maillon faible de son espace-temps. Fort de ce constat, appelons Facteur H ce génie Humain qui fait que l’Homme sera capable de dompter la technologie et appelons Facteur T ce Tsunami technologique et numérique qui s’abat sur l’homme et son environnement personnel et professionnel. A partir de cette grille de lecture, il devient clair que dans les années à venir, va s’enclencher une terrible bataille entre le Facteur H et le Facteur T pour savoir qui est au service de quoi et/ou qui se servira de qui ? Face à ce Facteur T capable à la fois de nous envahir, de nous exclure ou de nous isoler, la mission du Facteur H sera de faire en sorte que nous nous réapproprions notre espace-temps !

Management du FacteurH.com : de la chenille au papillon ?

A l’évidence, cette bataille entre le facteur H et le facteur T ouvre les portes à de profonds changements dans le management des entreprises. Les managers qui survivront à ce changement de paradigme seront celles et ceux qui seront créer de nouvelles logiques et de nouvelles structures dans les organisations et les environnements de travail. En effet, une entreprise est un système ouvert, en prise permanente avec son milieu. Elle doit être en phase avec lui. Or, le milieu socio-économique est en profonde transformation. Le passage d’un paradigme à un autre est semblable à la métamorphose d’une chenille en papillon : Il est douloureux et délicat voir dangereux à négocier car même si la chenille et le papillon sont le même animal, leurs structures et leurs logiques de vie sont radicalement différentes. papillonPar analogie, la question fondamentale posée aux managers de demain devient donc : Quelles métamorphoses faut-il mener en terme de structure et de logique dans les organisations d pour rester une entreprise profitable et agréable malgré la profonde transformation de notre environnement socio-économique ?. Pour appréhender le sujet, disons en préambule que dans les entreprises, comme ailleurs, on ne change pas de structure ou de logique facilement ! Tous ceux qui ont dû mener un changement organisationnel et/ou culturel le savent. Pourquoi est-ce si difficile de mener ces métamorphoses pourtant indispensables ? Tout simplement parce que notre reflexe face aux mutations en cours n’est pas de s’adapter comme le fait la chenille en devenant papillon. Notre réflexe de manager serait plutôt de faire une chenille qui vol ou un papillon qui rampe. Autrement dit, notre réflexe est de compliquer ou de sophistiquer les choses plutôt que de radicalement les changer. Tout se passe comme si nous préfèrerions de vraies complications aux vrais changements ! Quelle erreur ! En effet, nous le savons, compliquer les choses c’est inéluctablement consommer plus de ressources pour ne produire aucune ou très peu de valeur ajoutée. La chenille ne volera jamais aussi bien que le papillon et le papillon ne rampera jamais aussi bien que les chenilles quels que soient les efforts réalisés et les ressources investies.

image003-5Le management de demain ou comment devenir un facteurH.com ?

La réponse est d’ordre méthodologique. Nous avons tous appris à être cartésien c’est-à-dire à croire que tout, y compris l’économie ou l’entreprise, pouvait se ramener à un assemblage mécanique et analytique de composants. Or cela est faux dès lors que la complexité, c’est-à-dire un tout qui vaut plus que la somme de ces parties, pointe le bout de son nez. La complexité du monde socio-économique ayant drastiquement augmenté en quelques décennies, l’entreprise doit impérativement se mettre au diapason de cette évolution en devenant elle-même un système complexe. Or, tout système complexe a quatre caractéristiques qui chamboulent toutes les méthodes du management modernes et qui posent les exigences du management postmoderne.

  1. Un système complexe est au service de sa finalité et non de ses modalités. Le temps des procédures et des standardisations est révolu. L’entreprise doit donc apprendre à résonner en termes de « pour quoi faire ? » et non plus en termes de « comment faire ? ». Un collaborateur qui comprend le pourquoi trouvera lui-même le comment. Etre un manager « réservoir de sens » plutôt qu’un manager « détenteur d’un savoir ou d’un pouvoir universel » est une première piste pour créer un facteurH.com en phase avec son temps.
  2. Un système complexe est non déterministe c’est-à-dire imprévisible. Le temps des plans est révolu. Il faut apprendre à penser en termes de synchronisation et non de planification. Quand il devient impossible de savoir précisément où l’on va, autant savoir précisément pourquoi on y va et avec qui ! Ainsi la finalité n’est plus le bout très aléatoire du chemin. La finalité est le chemin bien réel et bien concret celui-là. Faire vivre la finalité au quotidien à nos collaborateurs sans la rattacher à une destination souvent aléatoire, voilà une deuxième piste pour faire vivre le facteurH.com avec les aléas de son temps.
  3. Un système complexe est holistique c’est-à-dire non réductible à ses constituants. Le temps des performances analytiques est révolu. Il faut diversifier les critères d’évaluation et y intégrer de nombreuses dimensions globales. L’intention collective est l’une de ses dimensions globales. L’intention collective est probablement une des phases les plus difficiles et une des phases les plus nobles dans la vie d’une organisation, d’une entreprise ou d’une tribu. En effet, cette intention collective c’est souvent une image ou des mots plutôt que des chiffres. Elle doit donc être conçue comme un véhicule pédagogique pour faire comprendre à quiconque, la finalité spécifique que l’équipe veut vivre. Cette intention, c’est comme si c’était le mot de passe pour mettre en marche l’équipe ! Analyser la performance individuelle sur la base d’une contribution à une intention collective, voilà une troisième piste pour développer un facteurH.com engagé et solidaire

Le Facteur H est l’avenir du Facteur T

La complexité, au contraire de la complication, est la seule vraie productrice de valeur ajoutée dans l’entreprise puisque, grâce à elle, le tout vaut plus que la somme de ses parties. Seules les entreprises élevant leur niveau de complexité résisteront au changement de paradigme en cours. Celles qui répondront à la complexité par la complication disparaitront. WEB FACEBOOK1Faire faire des choses extraordinaires à des gens ordinaires est possible. Cela passe par un facteur que l’on appellera entre nous, un peu comme un mot de passe, le facteur H.com. Tout ce que nous avons écrit dans les quelques lignes ci-dessus, constitue quelqu’une des différentes formes que peut prendre ce Facteur H.com chez les managers postmodernes de demain !