Management de notre société : quelle vision pour le XXIème ?

Management de notre société : quelle vision pour le XXIème ?

mpm-21ieme-siecleQue l’on manage une entreprise ou une société, un management performant est un management congruent avec l’air du temps et cette congruence se décline toujours au travers des 3C du management :

C comme Consistance d’abord : La Consistance est le fondement ultime du management. Elle est sa source et son moteur
C comme Cohérence ensuite : La Cohérence est le mouvement ultime du management. Elle est sa logique et son processus d’accomplissement.
C comme Constance enfin : La Constance est la valeur ultime du #management. Elle incarne sa profondeur et ses fondements.
Ceci étant posé, donnons un bref coup d’œil dans le rétro, pour mieux comprendre ce que pourrait être le management de notre société du XXIème siècle.

Management du XXème siècle : Un management cohérent, consistant et constant ?

Pour répondre à cette délicate question, commençons par prendre une précaution en précisant ceci : Il y a toujours, en management comme ailleurs, une sorte de balance entre inspiration et protection par un classique effet de balancier. Tout changement commence en effet par une profonde inspiration pour sortir des carcans du cycle précédent et se termine par des logiques de protection (voir d’enfermement) étouffant les racines mêmes de l’inspiration d’origine. Le XXème siècle n’a bien évidemment pas échappé à cet effet de balancier. En effet, le siècle dernier fut un foisonnement d’inventions techniques et de gains de productivité avec un incontestable effet richesse mais il fut aussi une effroyable hécatombe humaine au nom de l’impérialisme, de l’idéologisme, de l’industrialisme et du financiarisme qui ont successivement désenchanté le monde. Au final, le XXème siècle restera comme un siècle de progrès matériel mais aussi un siècle de regrets existentiels avec un mal-être ambiant, diffus et confus ; Au final, nous aboutissons, en ce début de XXIème siècle, à une opposition de plus en plus marquée entre un trop plein matériel et une sorte de vide existentiel. Une évidence s’impose à présent : la consistance, la cohérence et la constance du management de notre société doit muter pour éviter de saturer et permettre (enfin ?) de dépasser et de transcender les limites et les impasses des méthodes managériales du siècle dernier.

Management du XXIème siècle : Un renouveau du projet Humain ?

En matière de prospective, comme ailleurs, l’infini c’est ce qui n’a pas de limite, le défini c’est ce qui crée une limite et l’indéfini c’est ce qui n’a pas encore de limite. Tout le travail du prospectiviste consiste donc à convertir l’indéfini en défini en s’efforçant de limiter au maximum l’infini. C’est dans cet effort et dans cette conversion que le management du XXIème siècle recréera un sens, une méthode et de l’ordre.projet-humain Dans un monde de plus en plus complexe, cet effort et cette conversion permettront de transformer (dans une certaine limite) l’inquiétude en quiétude en redonnant (au passage) force et vigueur au Projet Humain. Un nouveau paradigme n’émergeant jamais contre un autre mais sur un autre (un peu comme l’arbre qui croit sur son humus), parions que le management du XXIème siècle reprendra certaines valeurs universelles du management du XXème siècle en les faisant évoluer pour réconcilier progrès matériel et progrès existentiel !

Le management du XXIème siècle : La Liberté, l’Egalité et la Fraternité revisitées ?

En pratique, la déclinaison du paradigme du XXIème siècle pourrait se formaliser ainsi pour chacun d’entre nous et pour chacun de nos enfants et de nos petits-enfants :

Ma Liberté je l’ai : Avec le déclin inéluctable des assistanats, le management de la société de demain réconciliera liberté et responsabilité. En conséquence, ces 2 mots deviendront synonymes et signifieront simplement d’avoir la capacité de prendre des décisions et de les assumer.
Mon Egalité je m’en occupe : Avec le management d’hier, à force d’avoir tous les mêmes droits, nous sommes aussi tous devenus interchangeables. Le management de la société de demain renoncera donc au mythe de l’Egalité en misant plus sur la justesse sociale que sur la justice sociale.
Ma Fraternité je la choisis : le management de la société de demain s’organisera autour d’intentions collectives qui véhiculeront la raison d’être de communautés de vie dans lesquelles règneront une solidarité et une harmonie choisies et non imposées.

Management du XXIème siècle : le retour du sacré ?

En réaction à la marchandisation généralisée mise en place pendant le XXème au nom de la croissance et pour répondre à l’« assèchement » des âmes issu de l’ hyperconsommation, la conversion de nos valeurs universelles décrite ci-dessus aura pour objectif de recréer du sacré. Mais au fond, qu’est ce qui est réellement sacré de nos jours ? Est sacré et donc doté d’une immense valeur tout ce qui ne peut être ni acheté, ni vendu. Tout ce qu’il est impossible de conquérir ou d’arracher à quelqu’un d’autre comme par exemple le destin … la vocation…l’intuition …l’intelligence …Le talent …le sentiment…la sensibilité … le sens…la créativité…la connivence. Dit autrement, le sacré c’est un peu comme le luxe : c’est le prix des choses sans prix et il ne serait pas étonnant que le XXIème siècle réveille le prix des choses sans prix !

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Management du XXIème siècle : moins d’étiquette mais plus d’éthique ?

Au fond une époque repose sur quatre formes d’éthique.

L’éthique des interdits (“tu ne peux pas”) est une éthique dogmatique et énumère tous les comportements jugés, a priori, négatifs.
L’éthique des valeurs (“tu dois”) est une éthique idéaliste et énumère tous les comportements a priori positifs.
L’éthique du résultat (« vers quoi évoluer ») est une éthique quantitative et juge l’acte à ses effets mesurables par rapport aux buts fixé.
L’éthique des intentions (« comment évoluer ») est une éthique qualitative et se concentre sur la noblesse des intentions.
Bien entendu, une époque se caractérise par un mix de ces quatre éthiques. Quel que soit le mix de notre éthique, il existe pour chaque époque une constante : un management consistant est un management cohérent entre ce qui se vit (les perceptions), ce qui se voit (les manifestations) et ce qui se dit (les conceptions) et constant dans sa manière de distinguer le “devoir répondre” (être responsable), le “pouvoir répondre” (être lucide) et le “vouloir répondre” (être vrai). Cette précision est importante car manager une époque exige toujours une responsabilité vis-à-vis de cette époque et la responsabilité, étymologiquement, c’est la capacité à répondre de ce que l’on fait, de ce que l’on est et de ce que l’on veut.

Management du XXIème siècle : ni moraliste ni idéaliste ni populiste mais seulement réaliste

Etre responsable, être lucide et être vrai, voilà au fond les trois moteurs indispensables pour le management de ce XXIème siècle si l’on veut avoir au moins une chance que ce siècle transcende et dépasse les limites et les impasses politiques économiques et philosophiques du XXème siècle. Pour actionner sans délai ces trois moteurs, nous écarterons les affairistes moralistes dans leurs discours mais opportunistes dans leurs actes. Nous modérerons les égalitaristes idéalistes dans leur tête mais totalitaristes dans leurs tripes. Nous répondrons enfin aux populistes souvent passéistes et simplistes. Le management du XXème siècle a eu trois adversaires : l’orgueil, le caprice et le déni. Espérons que le management du XXIème siècle ait 3 amis : la mémoire pour respecter la culture, la créativité pour inventer le futur et enfin la raison pour faire le pont entre le passé et le futur.

73119748Le management du XXIème siècle : retour vers l’humilité ?

L’humilité en management est une vertu que l’on sous-estime énormément. Elle procure au moins trois avantages considérables :

L’humilité nous rend plus attachant. Les managers humbles, notamment les personnes très accomplies, sont très appréciées.
L’humilité permet plus facilement la coopération d’autrui. Les managers humbles obtiennent davantage de coopération de la part des autres car ils n’essaient pas de forcer des personnes qui savent ce qu’elles veulent à accepter leurs idées
L’humilité accélère et facilite l’apprentissage. Les managers humbles sont capables de poser des questions, de faire des erreurs et de vivre l’échec sans ressentir de gêne. Ils attirent la bienveillance des autres, qui veulent les aider. Les managers humbles ont les meilleurs collaborateurs et ils en retirent le maximum.
Au XXIème siècle, peut-être par orgueil, la grande idée sociétale c’était réussir dans la vie et d’être les meilleurs du monde ! Au XXIème siècle, surement par humilité, la grande idée sera de réussir sa vie et d’être un peu meilleur pour le monde ! Ce n’est pas du tout le même métier…et donc pas le même management.