Management et Liberté : Dé-chainez-vous !

Management et Liberté : Dé-chainez-vous !

dechainez vous mpmLa liberté ce n’est pas faire ce que l’on veut mais ce que l’on peut…

On ne naît pas libre, on n’est pas libre, on le devient et le chemin pour le devenir passe par un difficile et long travail intérieur à mener sur trois voies parallèles : la clarté de ce que l’on incarne, la rigueur sur ce que l’on veut, la force de ce que l’on fait. Vivre libre, c’est se placer là où les possibles sont les plus nombreux pour se donner le maximum de chances de faire résonner notre dedans (nos potentiels, nos projets, nos talents) et notre dehors (les ressources, les opportunités, les rencontres). En effet, à force de vouloir être ou devenir celui que l’on est pas ou que l’on ne deviendra jamais, on finit par passer à côté de celui que l’on aurait pu être ou devenir. En ce sens, être libre signifie être responsable de faire des choix et de les assumer. Ce raisonnement s’applique aussi bien pour notre vie personnelle que professionnelle.

La liberté : une question de management ?

La liberté, donc, ce n’est pas faire ce que l’on veut mais plutôt ce que l’on peut en devenant réellement ce que l’on est potentiellement. Cette lucidité est indispensable à toutes celles et tous ceux qui souhaitent gouter une vraie liberté et non pas une liberté au gout amer parfois appelé caprice. Cette lucidité sur le vrai sens du mot liberté est également vitale pour rechercher (et surtout trouver) sa vraie vocation en évitant ainsi toute illusion. En ce sens, la liberté se trouve toujours au croisement d’un lieu de vie et d’un effort de vie pour construire et déployer SON projet de vie et non celui d’un autre. Liberté, responsabilité et lucidité tressent donc nos vies à condition bien entendu de prendre conscience de cette enchevêtrement.

Conscience, liberté et responsabilité : un excellent exercice de management

Le mot « conscience », en management comme ailleurs, a deux sens distincts : l’un mental, l’autre moral. Au sens mental, la conscience est ce lieu de confrontation entre notre « dedans » et notre « dehors » augmentant ou diminuant notre perception de liberté. Au sens moral, notre conscience reflète les relations existantes entre ce “dedans” et ce “dehors” en augmentant ou en diminuant notre sens de la responsabilité. A travers ces deux images de notre conscience, il est intéressant d’entrevoir les liens étroits existant entre niveau de conscience et niveau de liberté, de responsabilité et de lucidité. « Agir en conscience» ou « avoir conscience de » signifie toujours une progression bien réelle vers la liberté et sa nécessaire dose de lucidité. En management, faire progresser une organisation, une équipe ou un individu passe donc par une pleine conscience des managers de ce que pourrait être le management dans un monde de plus en plus compliqué et de plus en plus complexe.

Le management de la liberté : une conséquence inattendue de la complexité ?

L’homogénéisation et la standardisation voulu par le management industriel nous a appris, parfois à nos dépens, une chose : A force de vouloir être tous pareils on devient tous interchangeables. L’entreprise de demain réhabilitera donc la différence pour redevenir unique et si possible précieux. Cette réhabilitation est bien entendu à la fois salvatrice et exigeante : salvatrice pour notre liberté, exigeante pour notre responsabilité. Le saut de complexité que connait notre environnement nous rappelle que plus on grimpe dans l’échelle de la complexité et plus le nombre des possibles est élevé. C’est aussi dans cette multiplication des possibles que nait une certaine forme de liberté. Paradoxalement, la notion de complexité appelle donc la notion de liberté. Dans les années à venir, ce sera à nous de choisir : à nous de choisir ce qui est possible pour nous en prenant (si possible) en compte les impossibles pour éviter illusions et désillusions. Dans l’entreprise de demain, la liberté de faire des choix et de les assumer sera la condition première de la sagesse. En management, la liberté n’est pas un droit mais une exigence. En management, affirmer sa liberté c’est d’abord et avant tout renoncer à la conformité et assumer ses singularités : singularité et liberté, voilà bien la « force tranquille » de l’entreprise de demain.

MPM echecLe grand défi du management de demain en 5 questions

Le grand défi au fond du management de demain sera de recréer dans les entreprises, dans les organisations, dans les associations, un écosystème favorable à la triade vertueuse : liberté, responsabilité, lucidité ! Cinq questions seront au cœur de cette écosystème à recréer, à réinventer et à ré-enchanter :

  1. Qu’est-ce que je veux ? Notion d’intention, de projet, de volonté, de désir
  2. Qu’est-ce que je possède ? Notion de potentiel, de patrimoine matériel et immatériel
  3. Qu’est-ce qu’il me faut ? Notion de ressources disponibles ou à puiser
  4. Qu’est-ce que je suis ? Notion de valeur, d’éthique, d’organisation, de savoir-être
  5. Qu’est-ce que je fais ? Notion d’activité, de savoir-faire, d’effort, de courage.

Le management ne supporte pas l’égalité. En revanche, il peut être dopé par les inégalités !MPM ORANGE

Dans le monde de demain, pour devenir plus forte l’entreprise deviendra plus humble. Cette révolution nécessite une rénovation du leadership qui devra plus éclairer et moins diriger, plus faciliter et moins compliquer et enfin plus favoriser et moins interdire. En management, comme ailleurs, l’égalité est une absurdité car elle mène à une uniformité délétère. Répétons-le : A force de vouloir être tous pareils, on devient tous interchangeables ! Il est tout de même curieux que, pour tant de monde, “inégalité” soit synonyme d’”injuste”. L’inégalité est un fait. L’injustice est un sentiment. On peut trouver injuste une inégalité. Mais l’inégalité n’est pas injuste en soi. Au contraire, on peut trouver terriblement injuste une égalité forcée, imposée, contre-nature. Le problème en management n’est pas l’égalité ou l’inégalité mais bien l’harmonie et la synergie des différences ! C’est en comprenant cela que l’on pourra de nouveau accéder à un niveau de liberté, de responsabilité et de lucidité compatible avec les défis économiques des entreprises de demain.