Coaching de soi : Réflexions sur la notion de Liberté (partie 2)

Coaching de soi : Réflexions sur la notion de Liberté (partie 2)

Rappelons, pour commencer, que l’autonomie précède toujours la liberté

Dans la partie 1 de nos réflexions, nous avons souligné que le droit à la liberté nécessitait un devoir de responsabilité. Dit autrement, notre liberté (faire des choix et les assumer), n’est au fond que l’autre face de notre responsabilité (assumer ses choix en toutes circonstances). Pour approfondir cette idée, remarquons que notre liberté a souvent deux ennemis :  (1) Notre peur de s’assumer. Il est en effet souvent difficile d’accepter ses propres faiblesses (2) La paresse de s’accomplir pleinement. Se conformer est en effet parfois plus confortable que de se révéler. Ces deux constations nous aident à comprendre que notre degré de liberté est toujours dépendant de notre degré d’autonomie. Toutes celles et tous ceux qui ne confondent pas liberté et caprice comprennent assez vite que l’autonomie précède toujours la liberté.

Suivre sa vocation est certainement la route la plus sure vers la liberté

Si notre autonomie est une porte d’entrée vers notre liberté, il est important de choisir le bon guide pour nous y mener surtout dans une époque jalonnée de fausses routes et de mauvaises pistes. Alors que notre avenir semble parfois plus subi que choisi, est-il encore possible de s’extraire de la chape de plomb que la société tente de nous imposer ? Difficile question surtout dans un monde proposant de plus en plus d’inquiétudes et de moins en moins de quiétudes. Heureusement, notre vocation (si l’on apprend à la décrypter) nous dit une chose : Si tu n’as pas forcément choisi ton rôle dans la pièce, tu peux encore choisir de jouer ton rôle ou pas ! On le sait, même si parfois cela nous arrange de l’oublier, avoir la possibilité de choisir sa vie et de tracer sa route est essentiel pour entretenir son projet de vie. Notre vraie liberté est de devenir réellement ce que l’on est potentiellement. Pour le reste, on est obligé de déléguer au moins partiellement notre liberté. Vivre libre, au fond, c’est choisir son chemin pour accomplir sa vocation avecun seul maitre à suivre et à servir : Ses valeurs (c’est-à-dire étymologiquement parlant ses forces de vie). Insistons encore une fois sur un point : Si l’on veut bien considérer que la liberté n’est pas de faire tout ce que l’on veut mais tout ce que l’on peut et que notre vocation nous guide vers ce que l’on doit faire, alors suivre sa vocation est surement la route la plus sure vers la liberté !

Ne confondons pas liberté, bonheur et plaisir

Pour être en mesure de mener un développement personnel basé sur ce précieux trépied -Liberté-Responsabilité-Autonomie, bien saisir la notion d’engagement est crucial. Seul l’engagement permet, en effet, de distinguer ce que certains confondent trop souvent à savoir bonheur et liberté. Se mettre au service d’une cause qui nous dépasse et nous transcende, ce qui est au fond la définition même de l’engagement, se fait rarement au profit d’un « bonheur instantané ». Cette constation s’explique souvent par les sacrifices et les efforts soutenus que l’engagement exige. Il y a une différence de nature entre bonheur et liberté. Le bonheur se reçoit, la liberté se construit. On pourrait compléter ce parallèle en rappelant que le plaisir est encore autre chose. Le plaisir se consomme lui. Si le plaisir peut être associé (ou pas) à un réel bonheur et à une vraie liberté, il ne doit en revanche jamais être confondu ni avec l’un ni avec l’autre. Beaucoup de données démontrent d’ailleurs les antagonismes existants entre plaisirs addictifs, bonheur et liberté. En devenant de plus en plus éphémères et en créant une dose de dépendance croissante, les plaisirs non contrôlés peuvent rapidement s’opposer à la notion de bonheur et de liberté…

Lien entre liberté et sécurité : Une question de hiérarchie ?

Parler de liberté sans parler de sécurité c’est un peu parler de nos tentations sans parler de nos démons. Sécurité et liberté forment souvent un binôme avec des niveaux d’attraction-répulsion plus ou moins intenses. Parmi nous, il y a ceux qui ne veulent qu’une seule liberté : celle de choisir leur sécurité et il y a ceux qui ne veulent qu’une sécurité : celle de choisir leur liberté ! Dans les deux cas, il y a des avantages et des contraintes mais une chose est certaine : Ce choix primordial engendre des vies de nature très différente. Socialement, cette dialectique entre liberté et sécurité pose la question suivante : La demande de liberté de chacun est-elle encore compatible avec le principe de sécurité de tous ? Dans la bienpensance d’aujourd’hui, on ne s’oppose que rarement sur les valeurs. En revanche, on s’oppose souvent sur leur hiérarchisation. Par exemple, tout le monde est pour la liberté et la sécurité mais quand il faut choisir entre les deux, les uns préféreront la liberté et d’autres la sécurité et si l’une s’impose finalement à l’autre…sans consentement…c’est le début des ennuis. Avec cet exemple, tout le monde comprendra pourquoi les valeurs, dont on nous rabâche tant les oreilles, sont souvent des notions très creuses tant qu’elles ne sont pas mutuellement hiérarchisées ! 

Liberté, égalité : attention danger !

Nous avions souligné dans la partie 1 de nos réflexions, les relations très ambiguës existant entre liberté et égalité. En effet, il devient assez claire au fil de notre cheminement que notre liberté dépend à la fois de nos ressources et de notre capacité à exploiter nos ressources. Il n’y aura donc jamais d’égalité devant la liberté. Lutter efficacement contre les inégalités sociales sans tomber dans l’assistanat (donc une perte de dignité) nécessite de développer autant que possible la capacité des individus à agir, à choisir et à mener leur vie. Il ne suffit pas, en effet, d’être tous égaux (y compris en termes de revenus) pour que tout soit parfait. Le concept même d’Egalité se heurte toujours à la diversité de la nature humaine. On a tous une idée de l’égalité mais c’est rarement la même. La diversité humaine implique que l’égalité sur un point mène de facto à l’inégalité sur un autre point. Si vous décider le Lundi de donner à tous la même somme d’argent (égalité de revenu), à la fin de la semaine vous avez déjà des riches et des pauvres donc des degrés de liberté plus ou moins importants. La liberté est forcément de nature inégale entre les individus car la liberté est toujours quelque chose d’intérieur et se construit (ou se délite) dans les interstices intimes de nos vies.

Pour conclure….

Souvent (trop souvent ?) les codes de notre société obligent (tu dois) ou interdisent (tu ne dois pas) en définissant le cadre ce qui est légal et illégal. Du coup, par saturation (et même parfois par suffocation), tout ce qui n’est pas interdit et tout ce qui n’est pas obligatoire restent des libertés « interstitielles » dans lesquelles les gens s’engouffrent pour échapper à la fois à la légalité (l’uniformité ?) et à l’illégalité (la clandestinité ?). Même si ce type de raisonnement est encore atypique, plus la société sera totalitaire dans ces diktats et ses codes, plus elle engendrera des « libertés réactionnaires ». Une chose est certaine, la liberté, la vraie, nécessite au moins une contrainte : celle de choisir ! Il n’existe pas de liberté sans faire de vrais choix. Voilà peut-être le plus difficile obstacle sur le chemin de la liberté.