Un hymne à la Liberté !

Un hymne à la Liberté ! (partie 1)

La liberté est un chemin sur lequel le voyage est plus important que la destination

Il parait qu’il n’y a rien de plus beau que la liberté ! C’est surement vrai mais elle peut aussi être une beauté fatale. En effet, si la liberté est à la fois une possibilité offerte à tous de faire ses propres choix, elle est aussi parfois une vraie difficulté car choisir n’est pas toujours simple. Ce double visage de la liberté explique pourquoi elle est à la fois recherchée et redoutée. Une chose est certaine, être libre est prenant et engageant. Toutes celles et tous ceux qui ont connu la liberté savent qu’elle représente une expérience à la fois exigeante et passionnante. Pour débuter notre hymne à la liberté, disons tout de suite (sans vouloir être rabat-joie) ce qu’elle n’est pas : La liberté n’est pas de faire tout ce que l’on veut parce qu’une liberté sans contrainte est une liberté sans emploi. Mais alors, si la liberté n’est pas de faire tout ce que l’on veut, qu’est-ce qu’elle peut bien être ? C’est ce que nous allons essayer de préciser en quelques lignes avec toute la rigueur nécessaire que nous impose le cheminement vers la liberté. L’image du cheminement est une approche éclairante pour appréhender la liberté surtout si l’on prend soin de préciser que sur le chemin de la liberté, le voyage est surement plus important que la destination. En effet, la liberté n’a pas vraiment de point de chute. Elle est plus nomade que sédentaire. Elle préfère plutôt le hors-piste que les grands boulevards. Nous allons très vite comprendre pourquoi en essayant de qualifier cette notion souvent ambiguë de liberté.

Notre liberté ne tolère aucune fausse piste

La liberté se pose d’abord et avant tout au croisement d’un lieu de vie et d’un effort de vie. Vivre libre, c’est se placer là où les possibles sont les plus nombreux pour se donner le maximum de chances de faire coïncider notre « dedans » (nos potentiels et nos talents) et notre « dehors » (les ressources et les opportunités). Ce raisonnement s’applique aussi bien pour notre vie personnelle que professionnelle. En ce sens, être libre nécessite donc une certaine prise de conscience voire même une certaine élévation de conscience. Il découle de ce cheminement que notre espace de liberté dépend surtout de notre capacité à comprendre et à choisir intelligemment entre les diverses possibilités qui nous sont offertes. Bien évidemment, notre éclairage sur ce que peut être la liberté joue un rôle crucial dans cette capacité à choisir. Pour vivre librement sa vie, une des plus grandes difficultés est peut-être de réaliser ce pourquoi nous sommes vraiment fait et de quoi sommes-nous vraiment fait ! Si la liberté est essentielle à notre accomplissement (besoin de tracer sa route), elle ne tolère malheureusement aucune fausse piste ! Chaque fois que l’on s’éloigne de sa vocation, c’est l’illusion et invariablement l’illusion mène à la déception puis à la résignation !

La liberté se perd en faisant tout ce que l’on veut et se gagne en voulant tout ce que l’on peut !

Une conséquence directe de cette première approche sur la notion de liberté est que l’on ne nait pas libre, on le devient. Être adulte – c’est-à-dire être libre – c’est choisir comment ne pas céder à l’esclavage de ses envies, de ses caprices et de ses émotions. Il n’est de pire maître que ces trois-là. Et pourtant, ce sont eux qui règnent sur le monde d’aujourd’hui d’où une impression ou une sensation que notre liberté recule ! La liberté (faire tout ce que l’on veut) est trop réclamée et pas assez assumée (en faisant tout ce que l’on peut). Ce décalage résume le piège que représente la délicate période qu’est l’adolescence, période dans laquelle reste malheureusement trop souvent les adultes. La liberté n’est pas une absence de contrainte. Elle serait plutôt une capacité à agir et à décider par soi-même. Cette exigence explique que la liberté se perd en faisant tout ce que l’on veut et se gagne en voulant tout ce que l’on peut ! La liberté c’est le pouvoir de vouloir faire ce que l’on doit faire. La vraie liberté n’est pas de s’affranchir de tout autorité mais plutôt de devenir son propre maitre. Pour être vraiment libre, il faut savoir obéir…à sa vraie vocation ! Sans cette discipline, toute libération est un arrachement…souvent douloureux. Quand le passé ne s’impose plus à nous (on se croit libéré alors que l’on est déraciné), alors l’avenir nous échappe et souvent on dérive…

La liberté exige parfois d’assumer ses singularités !

L’autre difficulté immanente à la notion de liberté provient du fait que pour affirmer sa liberté, il est parfois nécessaire de renoncer à la conformité pour assumer ses singularités. Toute l’histoire humaine montre qu’il est extrêmement difficile de maximiser à la fois la liberté de chacun et la conformité de tous. Alors faut-il choisir entre liberté et conformité ? Contrairement aux idées reçues, une vraie liberté nécessite une bonne dose d’indépendance donc une certaine dose de marginalité. La vraie liberté, au fond, se joue dans notre décision de cultiver (ou pas) ce que l’on est vraiment ! « Vas vers toi-même », voilà souvent la vraie bonne direction à prendre pour être libre ! « Sois toi-même, les autres sont déjà pris », est une autre manière de souligner l’importance de cultiver sa vocation, ses singularités, sa culture, sa personnalité si l’on souhaite vivre la sensation de la liberté. La seule condition (non négociable) à cette libération est le respect absolu des autres, de tous les autres. La liberté ne peut exister que dans la tolérance et la tolérance ne peut jamais tolérer l’intolérance.Pour se donner l’immense courage de devenir soi-même sans redouter le regard des autres, admettons que la liberté n’est, au fond, que le libre choix des contraintes que l’on décide d’assumer, sans jamais en devenir esclave.

La notion de liberté est indissociable de la notion de responsabilité

Pour poursuivre notre cheminement, rappelons à présent que si la liberté s’oppose à la captivité elle ne s’oppose jamais à la nécessité. La capacité de faire des choix et la nécessité de les assumer représentent certainement le trait d’union entre responsabilité et liberté. Il n’y a jamais de liberté sans responsabilité. La liberté sans responsabilité est un caprice. La responsabilité sans liberté est un sacrifice. C’est pour cette raison que, contrairement aux idées reçues, la vraie liberté exige plus de courage que de caprices. Cette notion est d’autant plus cruciale que nous vivons dans un monde de plus en plus incertain. C’est bien parce qu’ildevient de plus en plus difficile de déterminer ce qu’il sera, qu’il ne nous reste plus qu’à  déterminer ce que nous voulons. Voilà résumé l’art de la liberté. Et puisqu’il nous faut savoir ce que nous voulons vraiment, alors apprenons à  prendre des décisions et à les assumer. Voilà  résumé l’art de la responsabilité. De ce difficile apprentissage de la liberté et de la responsabilité dépendra notre future qualité de vie. Tout un programme offert à  chacun de nous avec deux limites : le niveau de liberté et de responsabilité que l’on s’autorise.

La liberté nous propose toujours des droits et des devoirs

Nous venons de démontrer qu’il ne peut pas y avoir de liberté sans incertitude. Là est tout le charme et la difficulté d’être à la fois libre et serein. La liberté nécessite une dose d’autorité sur soi-même. La liberté, ce n’est pas vivre sans règle. La liberté, c’est choisir ses propres règles et s’y tenir. La mise en œuvre d’un contexte libérateur pour l’individu exige « en même temps » une discipline individuelle au-dessus de la norme. Si cette exigence est souvent passée sous silence, elle est néanmoins à la racine d’expériences amères. Appréhender la liberté, c’est comprendre ceci : S’il est injuste que l’on ait des devoirs sans avoir des droits en retour, alors il est injuste que l’on ait des droits sans avoir de devoirs en retour. A force de vouloir se libérer de toute contrainte, on devient parfois l’esclave de la facilité ! Souvent quand on est le roi de quelqu’un, on est aussi l’esclave de quelqu’un d’autre. Pour n’être l’esclave de personne, il faut accepter d’être le roi de personne. Rappelons le, la liberté n’est, au fond, que le libre choix des contraintes que l’on décide d’assumer, sans jamais en devenir esclave. (Rdv début Septembre pour la partie 2 de « Un hymne à la Liberté »