Mon destin et moi: c’est qui qui décide?

Que nous dit au fond notre destin ?

La notion de destin est très diversement appréciée. Une idée se dégage cependant de sa signification et nous pourrions la résumer ainsi : Dans la vie, tu ne choisis pas forcément ton rôle dans la pièce mais tu peux choisir de jouer le rôle ou pas. En partant de ce point de vue, notre réflexion se focalisera sur celles et ceux qui souhaitent vraiment jouer leur rôle en observant qu’il existe, chez eux, trois forces motrices essentielles pour accomplir leur destin :

  • L’espoir est une force motrice très répandue mais aussi très cruelle car à travers lui nous remettons souvent notre avenir dans les mains des autres
  • La volonté est une force motrice basée sur le devoir et l’effort. Si la volonté est souvent indispensable, elle a le défaut d’être une ressource non renouvelable donc épuisable et parfois épuisante
  • Le désir est surement la force motrice la plus puissante. Avec le désir, on ne s’épuise pas, on s’épanouit. Avec le désir, on ne se vide pas, on fait le plein.  Avec le désir, on n’obéit pas, on s’engage.

Plus ou moins animée par ces trois forces, la notion de destin véhicule aussi le sens de notre accomplissement tout au long de notre vie. Là aussi, la fine observation de celles et ceux qui cheminent, nous montre qu’un accomplissement serein nécessite toujours de prendre conscience que l’on progresse vraiment quand ce que j’étais n’est plus ce que je suis et pas encore ce que je serai ! Notre niveau de conscience par rapport à ce cheminement est d’autant plus élevé que notre esprit confronte notre Mémoire (notre passé), notre Volonté (notre futur), notre Sensibilité (notre capteur extérieur) et notre Intelligence (notre moteur intérieur).

L’intention : l’architecte de notre destin ?

Mais comment élever ce niveau de conscience pour accomplir au mieux notre destin, avec nos potentiels et nos contraintes, nos ambitions et inhibitions ? La réponse à cette question appelle la notion fondamentale de l’intention. Précisons, pour bien comprendre notre propos, que l’intention n’est pas utilisée dans le sens d’un vague projet sans réelle détermination. Au contrainte, l’in-tention désigne ici cette « tension interne » qui nous anime pour franchir le pas entre ce nous sommes et ce que nous pourrions devenir. L’intention, au fond, c’est ce qui nourrit la plus puissante de nos forces motrices : notre désir, notre désir de nous accomplir. Il faut le rappeler : Accomplir notre destin nécessite parfois (souvent ?) d’oublier la norme pour devenir une exception. Dit autrement, accomplir son destin nécessite de devenir-soi-même en comprenant que les autres sont déjà pris. Un tel état d’esprit permet réellement de jouer son rôle c’est-à-dire sa vocation. Un tel état d’esprit permet aussi de réaliser que sans sagesse la passion est sans noblesse et que sans passion la sagesse est sans hardiesse. C’est bien connu, sans passion, la sagesse tourne en rond…

Pour suivre votre destin, oubliez la conformité et assumez votre singularité  ! 

Mon style n’est pas mon apparence mais ma façon particulière de devenir, de m’accomplir, de me réaliser. On peut donc parfois nous décrire la voie à suivre mais nous restons toujours les seuls à pouvoir ou vouloir l’emprunter. Dans un projet de vie comme ailleurs, affirmer sa liberté c’est renoncer à la conformité et assumer ses singularités. L’estime de soi, sans indulgence ni suffisance, libère du désir de plaire à tout prix. Au fond, on se sent vraiment libéré le jour où on ne craint plus que notre singularité se fasse broyer par l’homogénéité. Il ne peut pas y avoir de liberté sans incertitude. Là est tout le charme et la difficulté d’être à la fois libre et serein. Il est urgent de rappeler que la recette de l’accomplissement de chacun passe certainement par trouver la bonne sauce mais toujours assaisonnée de courage, d’audace, d’autonomie et de persévérance. Les gens heureux ont cette formidable capacité à réconcilier liberté et nécessité : Ils sont libres d’agir et de faire. Leur devise serait « Oui je suis imparfait, mais libre et heureux de l’être, non pas pour me résigner mais pour évoluer ! Souvent, les gens heureux distinguent (presque instinctivement) justice (affaire de lois et de normes) et justesse (affaire de posture et de volonté).

Notre destin c’est notre cause !

Notre destin c’est aussi une cause, une cause que l’on sert sans soumission ni sacrifice. Son destin, pour être salvateur, doit révéler la part de noblesse qui existe en nous en se rappelant que ce qui est noble au fond est ce qui nous révèle comme serviteur. Servir sans relâche cette cause nous permet également de comprendre que la vraie liberté n’est pas de s’affranchir de tout autorité mais plutôt de devenir son propre maitre. La liberté n’est que le libre choix des contraintes que l’on décide d’assumer, sans jamais en devenir esclave. Cette réflexion est essentielle àune époque où notre Ego est à la fois un outil indispensable pour réussir dans la vie mais aussi un vrai toxique pour réussir sa vie. Les gens heureux dans l’acceptation de leur destin ont compris une chose : Pour être à la fois engagé (dans l’action) et détaché (par rapport à l’impact de son action), il est nécessaire d’accepter d’agir sans la peur d’échouer ni le désir de réussir absolument. La joie de vivre son destin nécessite « simplement » de ressentir les deux grands secrets de l’accomplissement qui sont 1/de découvrir au plus profond de soi ce qui nous caractérise pour devenir « radicalement soi » 2/ de mettre au service des autres ce « radicalement soi » pour les aider à devenir « radicalement eux ». Ces deux secrets explique pourquoi se transformer c’est aussi savoir ce que je veux à tout prix conserver et transmettre.  

Pour conclure…

Pour rester lucide par rapport aux réflexions ci-dessus, ne confondons jamais le destin que l’on assume et la fatalité que l’on subit. Pour assumer son destin, il est souvent inutile de rendre l’autre responsable de sa propre condition. Quand tu rends les autres responsable de ton sort sans réellement te prendre en mains, tu deviens très vite une victime. Être responsable de sa vie nécessite d’accepter que la cote d’alerte dans l’estime de soi est atteinte quand on considère que tout ou presque est de la faute des autres. Vouloir sa liberté sans prendre sa part de responsabilité est tout simplement un caprice. Si tes comportements ne sont pas une partie de la solution alors ils sont aussi une partie du problème. En revanche, celui ou celle qui est amené(e) à dépasser ce qu’il croyait être une de ses limites, gagne en confiance, toujours ! Dans la conduite de ce changement d’état d’esprit, il est utile de faire la différence entre bonheur, plaisir et joie de vivre. Le bonheur se reçoit. Le plaisir se consomme. La joie de vivre son destin se construit… et c’est cette construction qui fait toute la différence pour ne pas être en duel mais en duo avec son destin. Qu’est ce qui est le plus utile au fond, exiger que l’on soit parfait ou définir ce qui est sacré pour nous et tout mettre en œuvre pour faire émerger ce sacré dans notre projet de vie ?