Coaching de soi : Quelques repères pour le monde à venir !

Coaching de soi : Quelques repères pour le monde à venir !

Sujet et Objet versus Projet et Trajet : explications !

Dans un monde devenu beaucoup plus imprévisible, se poser les bonnes questions devient presque plus important que de trouver les bonnes réponses (qui sont de toute manière toutes relatives et stockées quelque part dans Google). Cette philosophie du questionnement est d’autant plus sensible que dans une période de profond changement, l’essentiel au fond n’est plus ce que l’on a ou ce que l’on est mais ce que l’on devient. Dit autrement, avoir ou être  devient secondaire par rapport à la volonté de devenir pour s’adapter au changement. Dans cette dynamique, réside peut-être l’essence même de l’humanisme de demain. Alors que nous sommes encore habitués à raisonner en terme de sujet (être ceci ou cela) ou d’objet (avoir ceci ou cela), nous devrons certainement, dans les années à venir, apprendre à résonner en termes de projet et de trajet (devenir ceci ou cela en allant vers ceci ou cela). Au-delà de la phonétique, la nuance est de taille et nécessite des approches réellement différentes de notre vie.

L’humanisme est à réinventer pour se régénérer

Depuis que l’homme est considéré comme le maitre sur Terre, nous avons appris à dominer notre monde extérieur et nous nous sommes habitués à ce qu’il réponde à nos souhaits, voire à nos caprices. Pour illustrer cet extrême contrôle sur notre environnement extérieur, disons que lorsqu’un moustique bourdonne à nos oreilles et trouble notre sommeil, nous avons aujourd’hui tout l’arsenal nécessaire pour le tuer sans même se lever. En contraste de cette extraordinaire puissance sur notre monde extérieur, soulignons notre extraordinaire fragilité intérieure. En effet, si une pensée noire bourdonne dans nos esprits et nous tient éveillée toute la nuit, impossible souvent de la tuer ! Le hic de notre époque, au-delà de cette histoire de moustique, est que notre contrôle sur ce qui nous arrive devient plus aléatoire. Les incertitudes sont croissantes. Tout devient plus imprévisible qu’avant. Nous avons plus souvent qu’auparavant l’impression que l’histoire se décide sans nous. Or ce n’est pas que l’histoire se décide sans nous que nous échappons à ses conséquences et c’est souvent dans cette relation souterraine que nait ce que nous appelons les injustices sociales et autres. Cette impuissance de fond (impuissance face à nos propres inquiétudes), malgré quelques apparences de forme (puissance sur le moustique), nous fait rentrer parfois dans un nihilisme, une désillusion ou encore une  colère et nous fait aussi perdre la foi dans ce que l’on nous raconte et même dans ce que l’on se raconte.

Un réel travail sur notre vocation s’imposera

Mais alors que faire pour ne pas tout subir, pour ne pas dériver ou errer d’aléas en aléas et reprendre (un peu) notre Avenir en main ? Pour répondre à ces questions, le plus réaliste, quand l’extérieur ne répond plus est de se tourner (se réfugier ?) vers l’intérieur pour le travailler, le renforcer, le consolider. Ce travail intérieur sera assurément l’essence même du développement personnel dans les années à venir. Cette introspection est ardue et même un peu ingrate car l’instabilité de notre époque fait que vouloir prédire l’avenir, c’est un peu comme vouloir définir la couleur d’un caméléon ! Notre avenir ne se prédit pas, il se construit en tenant compte des contraintes du passé et des opportunités du présent. En effet, il peut exister un trajet sans projet (c’est l’errance et le vide de sens que nous ressentons parfois aujourd’hui face à des mutations profondes mal digérées). En revanche, il ne peut pas y avoir de projet sans trajet c’est-à-dire sans direction ni progression. Quand on a un projet sans sujet ni trajet, on devient un objet. Quand on n’a ni l’audace ni le courage de cultiver ce que l’on est vraiment, on verse souvent dans l’illusion. Pour illustrer ce point, remarquons simplement la différence entre celles et ceux qui ont trouvé leur vocation et celles et ceux qui ne l’ont pas trouvé ou recherché. Trouver savocation est un merveilleux moyen de réconcilier projet (faire ce que j’aime) et trajet (faire ce que j’aime comme je l’aime). A l’inverse, l’ignorer nous expose à un manque de projet donc à un trajet très aléatoire et préjudiciable à notre qualité de vie.

Etiquette, Identité et  Ethique : mise en perspective

Pour s’engager avec conviction dans ce consistant travail sur soi-même, ne confondons pas, la “soumission” qui est toujours une acceptation (plus ou moins contrainte) du chemin des autres et le “lâcher prise” qui est la recherche de son chemin indépendamment du chemin des autres. Pour savoir à quoi nous en tenir, gardons toujours en tête que la différence entre promesse (venant de l’autre) et désir (venant de soi) est qu’avec le désir on est jamais déçu ! Nos valeurs, c’est à dire nos forces de vie, forgent notre existence. Sans valeurs réellement incarnées, il y a aucune vie, juste une survie, souvent dérisoire et sans intérêt. Toute la valeur du travail intérieur à mener sur soi réside dans la volonté de se débarrasser des étiquettes parfois gênantes que l’on s’est collé ou que l’on nous a collé. Pour entamer un véritable projet avec un vrai trajet, ne confondons plus, l’étiquette (ce ce que l’on montre), l’identité (ce que l’on est) et l’éthique ( montrer ce que l’on est). Oublier les étiquettes en retrouvant son identité reste une base trop souvent négligée pour se forger sa propre éthique.  

Que conseiller aujourd’hui à un gamin de 20 ans pour le monde de demain ?

Pour illustrer en pratique cet état d’esprit, posons nous une question que presque tous les parents se posent aujourd’hui. Que dire à un gamin de vingt ans pour l’aider à s’orienter professionnellement ? Peut-être ceci :  « Ne cherche pas un emploi, Ne cherche pas à occuper un poste. Cherche juste ce que tu aimes vraiment faire pour ensuite exercer ton métier avec virtuosité ! ». A l’heure de l’instantanéité, rappelons-nous que l’émotion est à la sensibilité ce que le sentiment est à la rationalité, le début d’une réflexion mais jamais une fin en soi. Un vrai travail sur soi doit donc aller bien au-delà de l’instantanéité. Il doit s’inscrire dans la durée car ce que l’on devient contribue plus à notre bonheur que ce que l’on est. Le sens ne dépend pas en effet de là où l’on est mais de là où l’on va. Ce qui nous anime est donc notre plus grande richesse car les périodes de changements ont au moins le mérite de nous éclairer sur un point que l’on pourrait résumer ainsi :  L’avenir n’est écrit nulle part. Toute évolution est donc à créer, à inventer, à oser, à improviser…par essais et erreurs

Il n’y aura jamais de procédure pour donner un sens à notre vie !

Notre capacité d’action sur nous-même est peut-être le meilleur étalon pour mesurer l’étendue de notre agilité. Une vraie agilité au fond c’est trouver une cohérence entre une fidélité (au passé), un appel (de l’avenir) et une lucidité (par rapport au présent). Cette règle de l’agilité personnelle explique pourquoi il n’y aura jamais de procédure pour donner du sens à sa vie.  La vraie question quand notre niveau de maitrise du monde extérieur devient relatif est : Comment prendre sa vie au sérieux sans se prendre au sérieux ? La réponse à cette question essentielle se joue dans notre décision de cultiver (ou pas) ce que l’on est vraiment.On se sent bien quand on parvient à aligner sa tête (sa pensée), son cœur (sa sensibilité) et ses tripes (sa volonté). Contrairement aux idées reçues, la différence être les gens heureux et moins heureux, ce n’est pas ce qui leur arrive, mais ce qu’ils en font. Alors faisons de ce qui nous arrive une chance !