Management des organisations : Unités de mesure du leadership de demain

La force du projet est la principale source de mobilisation d’une organisation

Le management des organisations devient vraiment très politique quand on fait semblant de croire à ce que l’on ne croit plus vraiment. Il est vrai que lorsque l’on est coupé de certaines réalités, on n’apprend plus qu’une seule chose : Comment faire planer l’illusion ! En réaction à cette lente mais inéluctable dévitalisation des organisations, le leadership de demain se mesurera de deux manières. La première sera la qualité du projet au service duquel il se met. La seconde sera la qualité de sa contribution à ce projet. Ce sera l’occasion de redécouvrir les mots clés du leadership : lucidité, engagement, courage, effort, virtuosité et travail. Ce sera aussi une manière de redécouvrir que ces mots sont aussi une vraie source de joie de vivre ! Ce leadership renouvelé nous rappellera également que la force du projet est la principale source de motivation d’une organisation et que la force d’un projet est de préciser la clarté de ce que l’on incarne, la rigueur sur ce que l’on veut et la force de ce que l’on fait.

Le leader de demain ne rendra pas le travail amusant mais passionnant

Les managers ne doivent jamais oublier cette réalité : Le plus grand malheur d’un collaborateur n’est pas de travailler trop ou pas assez mais de ne pas connaitre le sentiment d’accomplir ou de façonner quelque chose d’utile. Le bonheur au travail est à la fois une condition et une conséquence de la performance. C’est la raison pour laquelle les meilleurs managers ne rendent pas le travail amusant mais passionnant. Au fond, le management est réussi quand il donne du sens et de la valeur à ce qui n’en offre pas toujours spontanément. Dit autrement, le management est entrainant quand les obligations professionnelles sont effectuées avec le sentiment de participer à une aventure qui fait sens. En effet, rappelons tout de même que le travail n’est pas une valeur en soi. Si le travail était une valeur, on ne serait pas payé pour travailler tout comme on n’est pas payé pour être poli car être poli (pour certains) va de soi. C’est donc bien parce que le travail n’est pas une valeur, qu’il doit avoir un sens !

D’où vient la force et le sens d’un projet ?

Après avoir rappelé que c’est la force du projet qui est le vrai moteur d’une organisation et que le travail a besoin de sens pour redevenir mobilisant, posons-nous une question essentielle : D’où vient la force et le sens d’un projet ? L’observation et l’expérience permettent d’identifier trois racines vitales. La consistance du projet est certainement la première de ces racines. Cette consistance est le fondement de la force et du sens du projet. Elle est sa source et son moteur. La Cohérence est une deuxième racine. Cette cohérence assure le mouvement et la dynamique du projet. Elle est sa logique et son processus d’accomplissement. Enfin, la constance est une troisième et indispensable racine. La consistance incarne l’engagement et la profondeur du projet. 

Pourquoi la force du projet est essentielle pour une organisation ?

La force d’un projet est essentielle parce qu’en management comme ailleurs, quand il n’y a plus de finalité collective (on est ensemble pour quoi faire ? ), on se noie dans les modalités (on est ensemble pour faire comme cela) avec toute la perte de sens qu’implique un comment sans pourquoi. Mais comment faire durer une intention collective dans le temps quand tout devient imprévisible ? Peut-être en commençant par redéfinir la mission même du management en précisant ceci : Le management d’hier avait pour objectif le solide et le pérenne. Dans un monde devenu turbulent, le management de demain créera l’agile et l’éphémère. Si la confiance (si précieuse en management comme ailleurs) est de continuer à croire en quelque chose de commun, alors est -il possible de bâtir de la confiance sur quelque chose d’agile et éphémère ?Oui à condition de bien comprendre que le management est réussi quand il renouvelle le sens d’un voyage à réaliser ! Concrètement, les entreprises les plus performantes aujourd’hui font toujours le même métier (leur vocation) mais jamais de la même façon (la vocation se synchronise avec les attentes des clients et les circonstances de l’environnement)

Les Trois types de collaborateurs pour nourrir la force du projet

Mais comment faire toujours le métier mais jamais de la même façon ?  Tout simplement en constatant ceci : Toutes les entreprises performantes s’articulent autour de trois types de collaborateurs travaillant en interactions denses et intenses

  • 1er type : des collaborateurs ayant un pouvoir c’est-à-dire des hommes et des femmes capables d’arbitrer, de trancher et de décider face au choix que doit nécessairement faire une entreprise
  • 2eme type : des collaborateurs ayant une autorité c’est-à-dire des hommes et des femmes capables de développer les savoirs et les savoir-faire de l’organisation afin d’exceller dans le métier de l’entreprise
  • 3ème type : des collaborateurs ayant un charisme c’est-à-dire des hommes et des femmes capables de créer de la passion, de l’enthousiasme et de l’énergie au service du projet de l’entreprise

Pour créer une dynamique collective, la clé du succès est de ne jamais concentrer ces trois ressorts essentiels de la performance dans les mains d’une même personne ou d’un groupe de personnes (comité de direction) au risque de dénaturer et donc de démotiver toutes les autres. Dans le monde parfois impitoyable de l’entreprise, il est bon de se rappeler que si tu n’es pas (au moins) une partie de la solution alors tu es (au minimum) une partie du problème ! Cette réalité doit nous faire comprendre l’importance de l’engagement et de la délégation car, au fond, je me sens responsable de ce que j’ai décidé mais pas forcément de ce que l’on a décidé pour moi !

Pour conclure…

Pour les uns la performance se trouve au sommet de la montagne alors que pour d’autres, elle réside dans la façon de la gravir. La capacité d’une entreprise à séduire ses talents en interne et ses clients en externe repose sur un vrai projet (On est ensemble pour quoi faire ?) et une foi dans ses valeurs (c’est-à-dire ses forces de vie qu’elle incarne et qui sont les moteurs de ses comportements). Le jour où le management renoncera à asservir et se remettra à servir la force et le sens du projet, les managers auront de nouveau les équipes qu’ils méritent… car le management deviendra alors moins arrogant mais plus influent ! Au bout de l’impasse actuelle, il y a un mur. Seuls les pionniers parviendront de l’autre côté et découvriront ou redécouvriront de nouveaux horizons en étant souvent en bonne compagnie. Quand la force et le sens du projet s’allient pour préciser la clarté de ce que l’on incarne, la rigueur sur ce que l’on veut et la force de ce que l’on fait, alors la vocation nous fait exister, la mission nous fait participer et la joie de vivre nous fait vibrer !