Utilisation du capital humain: message d’alerte aux managers

Utilisation du capital humain : Message d’alerte aux managers !

Le management doit devenir plus influent et moins arrogant

A l’heure où les Hommes sont en concurrence avec les machines, utiliser le capital humain comme un robot, en lui faisant suivre des process, est une hérésie. Si l’humain veut rester au centre des organisations, il est l’heure de redonner aux ressources humaines de l’entreprise un état d’esprit aventurier. Loin d’être perçu comme un progrès, la mutation en cours sur le marché du travail est vécue par une majorité de gens comme une menace. Face à ce déséquilibre, le rôle des managers est de servir de béquille et non d’en mettre. Pour justifier ce propos, rappelons que le management d’une organisation remplit son rôle quand il favorise et facilite la volonté de participer à un projet de changement qui fait sens. Et souvent, force est de constater que l’on est loin du compte. Il est en effet paradoxal de constater que les gens préfèrent souvent leur travail à leur manager alors même que le rôle du manager devrait être de leur faire aimer leur travail. Cette constatation s’explique peut-être par le fait que les postes de managers sont plus attribués par promotion que par vocation. Pourtant, manager est plus un métier qu’un titre !

Il est surprenant de constater le conservatisme managérial des entreprises libérales

Pour préciser notre propos préliminaire, soulignons cette évidence parfois oubliée : Ce n’est pas l’humain qu’il faut remettre au cœur de l’organisation, il y est déjà. C’est l’organisation qu’il faut remettre dans le cœur des hommes et des femmes. En effet, en management comme ailleurs, l’indifférence nait de la distance et de la méfiance. Contrairement aux souhaits de certains, la force et l’autoritarisme ne peuvent jamais remplacer la bonne compréhension du terrain. Les gens donnent le meilleur d’eux même quand ils sont structurés par des projets et non par des contraintes ou des règles. Tous les jours, des personnes compétentes fuient les entreprises car pour ces personnes-là, il est souvent plus difficile d’obéir à des process standardisés que de s’engager dans des initiatives impactantes. Ces collaborateurs compétents nous disent souvent ceux-ci : « Le management c’est comme le co-voiturage, on sait où l’on doit aller mais malheureusement on ne sait pas toujours avec qui ! » Il est vrai que l’uniformisation des techniques de management a fait beaucoup de mal aux entreprises qui se réclament par ailleurs très libérales. Dans certaines organisations, la rivalité des chefs est plus contagieuse que la compétence d’où des combats de coqs plutôt que des débats au top. Une chose est certaine : Les managers travaillant pour leur intérêt personnel ne peuvent pas exiger de leur équipe de travailler pour le bien commun.

En management, il n’est pas nécessaire d’inventer autre chose, il suffit juste de faire autrement

Pour remettre l’organisation dans le cœur des Hommes, il n’y a pas de vérité. Il n’y a que des convictions, plus ou moins communes, plus ou moins durables. Les managers au commande de leurs tableaux de bord confondent trop souvent la recette et le tour de main en oubliant qu’avec les mêmes recettes tout le monde ne compose pas le même menu. Dans toutes les entreprises, il y a ceux qui trouvent des solutions aux problèmes et il y a ceux qui créent les problèmes aux solutions. Pour créer de la performance, le tableau de bord ne remplace jamais le talent.Sans talent ni volonté, tous les KPIs sont stériles voire anxiogènes. Les managers doivent investir beaucoup plus sur le développement et beaucoup moins dans le pilotage. La vraie performance dans l’entreprise se joue dans un mariage étroit entre des savoir-faire humains précieux et des relais technologiques adéquats. Pour innover en management, il n’est pas nécessaire de pondre des process. Il suffit juste de comprendre la logique biologique des ressources humaines et se rappeler que cette logique repose sur le triptyque suivant : Notre vocation nous fait exister, notre mission nous fait participer et notre joie de vivre nous fait vibrer. Être un leader au fond c’est donc s’assurer de l’adéquation entre mission et vocation pour créer de la joie de vivre !

Le management de demain ne reniera pas la raison mais la complètera par l’intuition

L’intuition en management est bien plus qu’un vague feeling. L’intuition prend en réalité sa source dans une profonde expérience et connaissance du sujet dont on parle. C’est encore un avantage compétitif durable de l’Homme sur la machine. Dans les entreprises, comme ailleurs, une grande part de l’intelligence échappe à la raison et n’est accessible qu’à l’intuition. Cela explique que l’on constate, tous les jours, que ce n’est pas parce qu’un modèle est conceptuellement robuste qu’il est réellement cohérent avec l’air du temps. Le management est réussi quand les gens qui ne travaillent pas pour le plaisir, aiment le plaisir du travail bien fait ! Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire de comprendre que les gens ne sont ni toujours bons ni toujours mauvais mais presque toujours sous influence. Ainsi, les crises dans les entreprises surviennent quand l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas encore naître. Mais alors comment faire émerger ce renouveau ? En travaillant sans relâche sur l’agilité de la structure qui dépend toujours de l’affinité entre collaborateurs, de la diversité des profils et de la plasticité de l’organisation. C’est cette agilité qui permet de répondre à la complexité par de la simplicité. Mais il est vrai que faire simple est tout sauf facile car la simplicité demande souvent de faire d’un tas de choses qui s’empilent, un tout cohérent qui s’imbrique !

Pour conclure….

Plus les machines seront capables de faire des choses toutes seules, plus les entreprises chercheront des humains qui feront ce qu’elles sont incapables de faire. Le management ce n’est pas l’art d’exiger mais d’obtenir. La disparition progressive de l’intention collective (on est ensemble pour quoi faire ?) est souvent le germe du désengagement des salariés. Le rôle du manager n’est pas de se servir mais de servir le projet et l’intention collective. Alors comment rétablir cette notion de bien commun que véhicule souvent l’intention collective ? Peut-être en rappelant que le management est une dynamique entre rigueur (exigence), bienveillance (indulgence) et inspiration (clairvoyance) et que quatre mots clés peuvent recréer cette dynamique : RELIER (pour dépasser et transcender les limites actuelles), CONSTRUIRE (un tout à partir d’un tas), TRANSMETTRE (de la passion et de l’enthousiasme) et ACCOMPLIR (une œuvre au service d’un projet). Faciliter et favoriser au quotidien l’expression et la traduction de ces mots clés est un exercice très exigeant. Mais c’est peut-être un passage obligé pour attirer et retenir les talents c’est-à-dire le seul capital pérenne de l’entreprise de demain.